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Réaction d'orgueil

le 21 décembre 2007

TOUL. Une cargaison de pneus s'enflamme devant l'usine touloise, il est 17 h 30. La trentaine de salariés présente est en colère, la manifestation qui vient de se dérouler à Nancy s'est mal passée, quatre d'entre eux ont été interpellés par les forces de l'ordre, après avoir enflammé deux pneus à proximité de la cathédrale.

"La police a tout d'abord interpellé un de mes collègues puis nous nous sommes subitement retrouvés à quatre, menottés, tels de vulgaires délinquants et embarqués dans le fourgon", témoigne l'un d'entre eux encore sous le choc. Emmenés à l'hôtel de police, les salariés sont gardés durant deux heures, avant d'être relâchés au terme d'une déposition. "Nous avons ensuite rejoint notre délégation à la préfecture à pied, où la réunion se terminait", poursuit-il.

De retour sur le site de production, les salariés ont alors improvisé une nouvelle opération, en brûlant une cinquantaine de pneus usagés, soutenus par de nombreux automobilistes de passage faisant résonner leur klaxon en signe de solidarité.

La mobilisation est plus que jamais d'actualité à Toul, qui ne veut pas de la fermeture de Kléber.

Bertrand VOGIN - L'Est Républicain - 22.12.2007


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Comité de suivi pour Kléber

le 21 décembre 2007

Une réunion en préfecture a rassemblé, représentants de l'Etat, de la direction, élus et syndicalistes. L'Etat veillera au respect par Michelin de ses engagements.


NANCY._ Une trentaine de salariés de Kléber-Toul s'étaient donné rendez-vous devant la préfecture avant l'installation d'un comité de suivi rassemblant représentants de l'Etat, de la direction, élus et syndicalistes pour faire le point sur la situation de l'usine touloise menacée de fermeture.
Sur le pavé, le rapport de force était très inégal. De très nombreux gendarmes, casque à la ceinture, étaient là pour parer à tout débordement.

Alors que deux pneus brûlaient devant la cathédrale, dégageant une forte fumée, la police a reçu l'ordre d'interpeller les fauteurs de trouble (voir par ailleurs).
Cette opération a suscité la colère des salariés présents qui ont aussitôt décidé d'une action symbolique sur le site de l'usine, alors même que leurs représentants étaient reçus par le Préfet.
Autour de la table avaient pris place le Préfet de région, celui de la Meuse, les élus Nadine Morano, Michel Dinet, Jean-Yves Le Déaut, représentant le président du Conseil régional, Nicole Feidt, maire de Toul, M. Potier, président de Terres de Lorraine, des élus des communautés de communes du Toulois, les représentants du groupe Michelin, les organisations syndicales et professionnelles départementales, les chambres consulaires et les services départementaux et régionaux de l'Etat.
En préambule, les délégués syndicaux se sont étonnés de la présence aussi massive des forces de l'ordre puis le préfet a fait part de l'entière mobilisation des services de l'Etat pour traiter le dossier au plus près du terrain et des acteurs locaux du développement.
Les élus et notamment Nadine Morano se sont associés à l'inquiétude des salariés. Leurs délégués ont rappelé que la direction de Michelin, propriétaire de Kléber, avait chiffré à 130 millions d'euros le coût prévu de la fermeture du site de Toul, qui emploie 826 salariés, alors que l'expertise commandée par les délégués du personnel au comité central d'entreprise de Kléber montre qu'avec un investissement de 90 millions d'euros, le site peut être pérennisé.
L'élue touloise a insisté sur une réponse rapide de la direction. Tant que l'avis du comité central d'entreprise n'est pas donné, le plan social d'accompagnement ne peut être enclenché. Les salariés ne peuvent pas rester dans l'expectative jusque 2009, date annoncée pour le projet de fermeture. Elle a déjà mené des discussions pour faire du Toulois une plate-forme de recyclage intégrée dans un Pôle européen s'articulant avec le Grenelle de l'Environnement. Quatre entreprises sont sur les rangs. Selon l'élue, le recyclage est une obligation sociétale de demain. Mais, pour l'heure, les salariés veulent encore croire à la viabilité de leur usine.
Didier HEMARDINQUER - L'Est Républicain - 22.12.2007



Ça chauffe et ça brûle

le18 décembre 2007

"Ça fait trente ans qu'ils font du pneu. Et n'ont jamais rien fait d'autre. Alors forcément, ils sont tourmentés !" Délégué syndical CGT Kléber, Guy Pernin patiente aux côtés d'une cinquantaine de collègues, devant la sous-préfecture de Toul.
Tous attendent le résultat d'un entretien entre une délégation FO-CGT Kléber et trois représentants de l'Etat, dont Jérôme Normand, sous-préfet, chargé de la cohésion sociale à la préfecture de Meurthe-et-Moselle. Et pour marquer l'évènement, "donner un symbole à cette rencontre", ils font brûler du pneu!
Seulement voilà, l'échange qui s'est déroulé hier, dans la ville chef-lieu ne restera pas graver dans les annales.
"C'était prévisible", reprend Pierre Kovalski, délégué CGT et membre de la délégation. "M. Normand nous a indiqué qu'il était là pour régler l'aspect social et respecter les conventions, alors que de notre côté, nous attendons un signe de l'Etat pour sauver l'entreprise."
Dépités les Kléber ? "Oui et non. Car on se doutait bien que de cette réunion ne sortiraient pas des annonces extraordinaires. Mais de là à nous laisser au bord de la route, en nous précisant simplement que nos doléances ont été relevées!"
Au bout d'une heure trente, les Kléber sont donc repartis comme ils étaient venus : obsédés par la situation et toujours en quête de moyens pour "sauver la boîte."
Finalement ce rendez-vous "manqué" aura au moins permis de préparer un nouvel échange prévu vendredi en préfecture de Nancy.
Quoi qu'il en soit, à les entendre, ils ne sont pas près de baisser les bras. "Ils sont prêts à bouger et à ne plus se laisser faire", lance Guy Pernin, avisant des salariés qui ne s'étaient jamais manifestés jusqu'à présent. "Aujourd'hui, ils sont mobilisés et sont prêts à participer aux actions à venir !" Et pour prouver leur motivation, ils sont repartis "brûler du pneu" devant leur usine. Un deuxième signe, loin de passer inaperçu !
Martine SCHOENSTEIN - L'Est Républicain - 18.12.2007


Gonflés à bloc

le 13 décembre 2007

Une délégation de Kléber a été reçue au siège social de Michelin, à Clermont-Ferrand.


CLERMONT-FERRAND. _ Une journée d'action européenne était organisée hier par les salariés des industries chimiques. La manifestation a mobilisé environ 250 personnes, dont une centaine de l'usine Kléber de Toul, menacée de fermeture début 2009. Les Toulois partis en bus ont rejoint sur place leurs collègues de Montceau-les-Mines, Bourges, Troyes, et même des Espagnols.
Le cortège emmené par les "Kléber " s'est rendu au siège social de Michelin, où les manifestants ont affiché leur mécontentement. Des représentants syndicaux FO et CGT ont été reçus par la direction durant une heure trente. Pierre Kowalski, délégué central CGT de Kléber Toul, affichait sa déception après cet entretien. "Nous avons été reçus par un chef du personnel, comme d'habitude, les décideurs brillent par leur absence. " Le délégué syndical a rappelé les bénéfices dégagés par le site toulois qui n'est "soi-disant pas assez rentable pour Michelin ". "La direction du groupe prétexte des simulations effectuées, démontrant que l'usine lorraine n'est pas viable ", poursuit le délégué syndical, "selon le Cabinet Secafi-Alfa, l'expert missionné par les syndicats, les chiffres sont clairs, Toul est rentable. Michelin va débourser 130 millions d'euros pour fermer le site, alors qu'un investissement deux fois moins conséquent permettrait de relancer la production de l'usine touloise et même de créer de nouveaux emplois".


"Négocier notre plan social "

En parallèle, des représentants syndicaux des délégations présentes à Clermont-Ferrand ont témoigné leur soutien aux salariés meurthe-et-mosellans, précisant que la direction de Michelin "sacrifie les conditions de travail et de vie de son personnel, sans se soucier du côté économique, territorial et local ". A Toul, ville de 17.000 habitants, l'usine Kléber emploie 826 personnes qui participent activement à l'équilibre économique du secteur. Avec la fermeture annoncée de l'usine, environ une famille sur cinq résidant dans le Toulois sera touchée par un licenciement.
Les mois à venir s'annoncent difficiles. "Il ne faudra pas se contenter de petites sommes, il faudra négocier notre plan social ", conclut Pierre Kowalski. Dès le 9 janvier, une réunion de la Fédération des industries chimiques se déroulera à Nancy entre l'union départementale de Meurthe-et-Moselle et la CGT de Kléber. A cette occasion sera étudiée une analyse des propositions de développement pour un projet d'avenir du site. Les salariés ne baissent pas les bras et défendront leur avenir professionnel jusqu'au bout.

Envoyé spécial Bertrand VOGIN - L'Est Républicain - 14.12.2007


Toul veut faire barrage au départ de Michelin

Le 15 octobre 2007

Emploi . La cité lorraine est solidaire des travailleurs de l'usine de pneumatiques que le groupe de Clermont-Ferrand veut liquider.


" Ils se foutent de notre gueule ! " La colère se chantait, se criait à pleins poumons vendredi dernier dans les rues de Toul, qu'ont parcourues quelque cinq mille manifestants à la suite de l'annonce de la fermeture de l'usine de pneumatiques Kléber par son unique actionnaire, le groupe Michelin. Les salariés de l'entreprise, massivement présents dans la manif, avaient été rejoints par les travailleurs de toutes professions du bassin d'emplois toulois et d'autres villes de Meurthe-et-Moselle. Des départements voisins également, dont, particulièrement concernés, les collègues de l'usine de Golbey, dans la banlieue d'Épinal (Vosges).
Pierre Kovalski, délégué CGT, voit dans la participation massive à cette première manifestation un signe encourageant pour la suite de la mobilisation. Cinq mille manifestants comptés par les syndicalistes, alors que la police a dû concéder le chiffre de 3 000, c'est énorme, rapportés aux 17 000 habitants que compte cette cité lorraine. L'émotion et l'inquiétude débordent donc largement le monde salarié. En témoignaient les rideaux baissés des commerçants, conscients des conséquences à redouter pour tous si la plus grande entreprise (environ 800 salariés) du bassin d'emplois du sud de la Meurthe-et-Moselle vient à disparaître. Unanimité apparente contre la décision liquidatrice de Michelin, sans doute. Pour autant, les salariés ne se laissent pas abuser par les larmes de crocodile versées devant les médias par les responsables politiques de droite, qui soutiennent à Paris une politique visant à faciliter la tâche des directions d'entreprise face à des salariés aux droits amoindris. La députée UMP ultra-sarkozyenne, Nadine Morano, eut droit à un accueil pour le moins réservé, pour ne pas dire franchement hostile lorsqu'elle se présenta dans la manifestation, où se côtoyaient de nombreux élus, socialistes et communistes en premier lieu. " Nous voulons faire reculer Michelin ", déclarait Nicole Feidt, maire socialiste de la commune, qui avait co-organisé la manifestation avec les syndicats. La direction de Michelin invoque la cherté de la production, qu'elle a elle-même organisée, accusent les syndicats qui soulignent la baisse de 30 % du volume de production, la réduction de 1,5 million de pneus. Présent dans le capital de Kléber depuis le début des années 1960, le groupe de Clermont-Ferrand en a pris le contrôle total en 1982, puis l'a intégré dans son système commercial en 1996. L'achat de la marque prend vite des allures de prédation. L'usine Kléber de Troyes (Aube) se voit supprimer la production de pneus pour les voitures de tourisme entre 1997 et 2000. L'usine de Poitiers (Vienne) a fermé il y a deux ans, après une première saignée qui coûta leur emploi à la moitié du personnel (400 sur 800). La production poitevine a été répartie dans trois usines Michelin à Karlsruhe (Allemagne), en Algérie et à Tours. Le précédent de Poitiers est dans tous les esprits. Et pèse lourd. " On nous a trompés ", s'emportent ceux qui avaient cru les paroles faussement rassurantes de la direction. " Il y a un mois, rappelle Pierre Kovalski, elle assurait qu'il n'y aurait pas de fermeture ", or un DRH avait été nommé pour cela, affirme le syndicaliste. La direction invoque la concurrence des pneus chinois dans la " troisième ligne " (bas de gamme) et investit dans plusieurs pays qui ne sont pas seulement à bas coût, notamment sur le site de Bad Kreutznach, dans le nord de l'Allemagne. En 2001, Michelin a racheté l'entreprise roumaine Tofan et spécialise l'usine hongroise Taurus (à l'origine spécialiste de tracteurs) dans les pneus tourisme haut de gamme.
L'usine Kléber de Toul, qui comptait encore 1 100 salariés jusqu'en 2001, est la dernière victime actuelle d'une réduction de la voilure de Michelin. Le groupe achève de liquider une société centenaire, Kléber, une histoire qui avait commencé à Colombes et s'est poursuivie à Toul depuis 1969. L'entreprise lorraine a engrangé 45 millions d'euros en 2004, 35 millions en 2005, 15 en 2006. Sur les 45 millions investis par Michelin depuis 1999, 17 millions d'euros ont été consacrés à la production. Arguments que les syndicats entendent défendre lors de la réunion du comité central d'entreprise, mardi, où l'annonce de la fermeture doit être officiellement notifiée. Toul n'a pas dit son dernier mot.
Jean-Paul Piérot - L'Humanité


Kléber peut vivre .

le 13 décembre 2007

Pneumatique. Un rapport économique démontre la viabilité de l'usine Kléber, à Toul, dont Michelin s'apprête à transférer la production dans des pays à bas coûts.


Hier, plus d'une centaine de salariés de l'usine Kléber de Toul ( Meurthe-et-Moselle) ont manifesté, avec d'autres ouvriers du groupe, devant le siège social de Michelin, à Clermont-Ferrand. Pour eux, un seul mot d'ordre : « Kléber Toul peut vivre ». Ce slogan, largement utilisé par les 800 salariés lors de l'annonce de la fermeture du site, en octobre dernier, est aujourd'hui étayé par le rapport du cabinet Sécafi-Alfa, missionné par l'intersyndicale CGT-FO. Les premiers éléments démontrent, en effet, que Michelin a volontairement créé une sous-activité sur son site de Toul, en transférant massivement des productions vers des usines d'Europe de l'Est ou d'Allemagne et, plus manichéen, le bibendum a provisionné, depuis les années quatre-vingt, les 130 millions d'euros pour fermer le site toulois. Selon les experts de Sécafi-Alfa, l'usine est viable à peu de frais : « Il suffit de remettre une seule chaîne de production sur le site. Cela coûterait environ 64 millions, soit la moitié environ de la somme que Michelin s'apprête à dépenser pour fermer le site et indemniser les salariés. » Ce surcroît de production, selon les mêmes experts, nécessiterait en plus l'embauche d'une centaine de salariés pour produire environ 4,5 millions de pneus annuellement.

sous-investissement délibéré


Pierre Kovalski, délégué central CGT, n'est pas surpris par ces conclusions : « L'usine Kléber de Toul fait l'objet d'un sous-investissement délibéré depuis 2002. Nous sommes sacrifiés pour des profits à court terme, alors que les experts prouvent que l'usine peut tourner avec des volumes appropriés. » Ces volumes, Michelin les possède. Le groupe vient, en effet, d'annoncer qu'il allait augmenter sa production de 20 millions de pneumatiques supplémentaires dans les prochaines années. Alors pourquoi pas à Toul ? Pour l'intersyndicale CGT-FO, les pays à bas coûts sociaux seraient aujourd'hui privilégiés par le groupe, et en particulier une usine en Pologne, qui nécessitera vraisemblablement des investissements conséquents pour être mise aux normes Michelin mais qui s'inscrit clairement déjà comme la remplaçante de Kléber Toul. « Malgré nos modestes salaires, nous possédons déjà la meilleure grille des salaires de Michelin France, et donc loin devant les Polonais. Faire disparaître Kléber Toul, c'est aussi retirer la possibilité d'une refonte salariale pour des milliers d'ouvriers », insiste le cégétiste. La manifestation européenne, hier à Clermont-Ferrand, portait justement sur les conditions de travail dans les usines Michelin, où le groupe envisage déjà de faire travailler ses salariés sept jours sur sept, afin d'obtenir des gains de productivité au détriment, une nouvelle fois, de la masse salariale. Le « travailler plus en gagnant moins et avec un minimum de salariés » devient une règle chez Michelin. Une analyse que bon nombre de salariés de Toul ont faite en refusant une mobilité interne dans le cadre de la fermeture envisagée de l'usine lorraine : « Ils sont peut-être une centaine aujourd'hui à avoir effectivement demandé leur mutation dans le groupe, mais la plupart veulent rester à Toul. Pour une raison évidente, Michelin n'affiche pas franchement sa stratégie industrielle vis-à-vis de certains sites.

Les échaudés de Michelin


Alors déménager pour se retrouver ailleurs dans la même situation dans deux ou trois ans, plus personne n'entend prendre le risque. Les échaudés de Michelin commencent malheureusement à être nombreux », précise Pierre Kovalski. Le rapport Sécafi-Alfa va certainement les conforter dans leur choix. Kléber Toul est viable.

Alain Cwiklinski - l' Huma du 14-12-07




      Manifestation du 12 octobre 2007 fut un succès de mobilisation...




"Toul ville morte"


Après l'annonce faite par Michelin de la fin de la production de pneus à Toul en 2009, la Ville et les syndicats de l'entreprise ont décidé d'organiser une manifestation " Toul ville morte ". Ils veulent par là démontrer à la fois leur opposition à la fermeture de l'usine et pour la Ville en particulier la solidarité avec les salariés de Kléber.
Ils rappellent que la décision prise par la direction de Michelin, qui annonce des bénéfices records, aura des retombées économiques de grande ampleur sur le Toulois et au-delà.
C'est pourquoi ils invitent la population à se joindre à eux vendredi 12 octobre, à 15 h 30. Rendez-vous cours Raymond Poincaré à Toul.
L'Est Républicain - 10.10.2007



    A Toul comme dans le monde entier, Michelin fait des profits !                                              Pas de fermeture ! Zéro licenciement !

Communiqué de la LCR54 du 7 octobre 2007

La LCR 54 dénonce le scandale que constitue la décision du groupe Michelin de fermer l'usine Kléber à Toul.

Michelin n'est pas une PME en difficultés ! C'est le deuxième groupe mondial de production de pneus. Michelin prévoit d'augmenter sa production de plus de 7% en France d'ici 2011. Michelin a augmenté au cours du premier semestre de l'année son bénéfice net de 58,2 % à 436,7 millions d'euros et son chiffre d'affaires de 4,7 % à 8,4 milliards. "Pour l'ensemble de l'exercice 2007, le manufacturier a confirmé tabler sur une " nette amélioration de ses résultats " par rapport à l'année précédente". (L'Usine Nouvelle)

"Michelin en forme, l'action bondit !" titre un site boursier.

Actionnaires choyés, salariés sacrifiés !
Manque de "compétitivité" ? Cela signifie une seule chose : les actionnaires réclament davantage de dividendes.

C'est sur l'autel de la cotation en bourse que devraient être immolés 826 salariés sans compter tous les emplois induits dans le secteur de Toul. Dès l'annonce de la fermeture, le cours de l'action Michelin a augmenté.

Ce n'est pas une première chez Michelin : Clermont, Poitiers, Roanne, Soissons figurent parmi les victimes les plus récentes de ces dernières années, sans compter les lock-out au Mexique, ou la décision de faire passer de 37,5 h à 40 h sans aucune compensation les horaires de ses salariés en Allemagne.



                                      PC : " Des arguments contestables "

PC : " Des arguments contestables "
"Le cataclysme que représente pour les salariés de Kléber Toul, pour leur famille, pour la ville, l'annonce brutale par Michelin de la fermeture de l'usine ,nécessite quelques mises au point", précise la section du Parti Communiste de Toul, dans un communiqué.
"Tout d'abord nous, communistes de Toul, sommes révoltés que, la multinationale Michelin raye d'un trait de plume une usine et plonge dans les difficultés ses employés et plus largement tout un secteur d'emploi.
On le sait bien maintenant, ce sont les actionnaires des groupes capitalistes qui exigent toujours plus de rentabilité, de dividendes au détriment des emplois et des hommes et femmes qui les occupent. La bourse a bien accueilli la nouvelle de la fermeture, l'action Michelin a progressé de 0,90 % en milieu de journée. D'autre part, nous contestons formellement les arguments du directeur de l'usine de Toul pour justifier le licenciement de plus de 800 salariés. Non, Michelin n'a pas assez investi à Toul. Les machines n'ont pas été remplacées ou rénovées pour s'adapter aux nouvelles dimensions de pneus.
Pourquoi une usine allemande de Michelin qui produisait 37 % plus cher que Kléber Toul a-t-elle bénéficié d'investissements beaucoup plus importants ?
Les communistes de Toul appellent à la solidarité pour soutenir les employés de Kléber. Ils appellent aussi à la mobilisation pour exiger que le groupe Michelin qui a fait depuis 1999 des milliards d'euros de profits investisse à Toul. Si tous les salariés, la population de Toul, leurs élus s'unissent dans cette exigence, il est encore possible de sauver Kléber.
Le savoir-faire des ouvriers et de l'encadrement de l'usine de Toul est là, leur productivité aussi. Il y a de la place sur le site pour agrandir les locaux, la ville est bien placée sur un nœud de communications. Les atouts sont nombreux, alors puisque Michelin a prévu d'investir en Europe 2 milliards d'euros pourquoi pas à Toul ?"
Des représentants de la section du parti communiste de Toul-Foug étaient présents hier, devant l'usine.

L'Est Républicain - 06.10.2007


                                  NON à la fermeture de Kléber - Toul !

                                                                    La Fédération Nationale des Industries Chimiques CGT
                                                                  La Coordination des Syndicats CGT du Groupe MICHELIN

                                                                               

COMMUNIQUÉ DE PRESSE


NON AU DEMANTELEMENT DE L'INDUSTRIE DU CAOUTCHOUC ET DES EMPLOIS


Le groupe Michelin occupe souvent la scène médiatique d'une part, par sa volonté de s'attaquer aux acquis sociaux et, d'autre part, par sa générosité envers les actionnaires, essentiellement envers la famille Michelin.

Comme de nombreuses multinationales, ce groupe brise la vie de milliers de familles, victimes de sa stratégie de restructurations permanentes et son cortège de suppressions d'emplois, désormais de fermetures d'usines.

Après Wolber, l'usine de Michelin à Poitiers, ces financiers veulent fermer l'usine de Kléber à Toul en France (900 emplois) et supprimer 500 emplois en Espagne.


Kléber, racheté en 1981 par Michelin, n'a jamais bénéficié de la technologie du groupe. C'est une société avec des bons résultats économiques, ceux-ci ayant progressé de 10,7 millions d'€ en 1999 à 44,7 millions d'€ en 2006.
Des centaines de millions d'euros de richesses créées sont déclarés chaque année par le groupe Michelin, dont ceux de la société de Kléber.

Chaque année, ce même groupe défraye la chronique médiatique avec ses projets d'exigences de surproductivité induisant des reculs sociaux, suppressions d'emplois et aggravant les conditions de travail.

La CGT condamne ces choix financiers assis sur une surexploitation des salariés, drainant une casse industrielle de l'industrie du caoutchouc avec des préjudices irrémédiables pour le tissu économique des localités et des territoires.

Les pouvoirs publics se rendent complices en accompagnant cette stratégie, voire en l'aidant avec de somptueux cadeaux fiscaux. Le groupe Goodyear Dunlop Tires France bénéficierait ainsi de 30 millions d'€ d'aides pour son projet sur son site d'Amiens (80) qui conduit à imposer les 4 X 8 et supprimer 500 emplois.
Le « Pôle de compétitivité Caoutchouc et Polymères » vient d'être labellisé avec 20 millions d'€ engagés par la Région Centre. L'argent des impôts des salariés et de leurs familles est ainsi dilapidé pour accompagner des multinationales dans leur compétition financière mondiale qui détruit l'économie, l'industrie dans les bassins d'emplois et sur le plan national.

La FNIC-CGT et la Coordination des syndicats CGT Michelin exigent le retrait, l'abrogation du projet de fermeture de Kléber-Toul. Les pouvoirs publics doivent agir pour une réelle politique industrielle nationale, cesser de dilapider les fonds publics accordés aux entreprises sans aucun contrôle ; sanctionner celles qui suppriment des emplois tout en déclarant des profits.

La FNIC-CGT, la Coordination CGT Michelin, appellent les salariés à se mobiliser pour défendre l'emploi, l'industrie, en interpellant les pouvoirs publics et politiques ainsi que les directions d'entreprises pour exiger d'autres choix porteurs de progrès social et économique.
FNIC-CGT - 04/10/07


Michelin : le Conseil Régional aux côtés des salariés

Le 04/10/2007

Le Président du Conseil Régional a appris avec consternation la décision de la société Michelin de fermer l'usine de Toul.

Jean-Pierre MASSERET veut croire qu'il ne s'agit que d'une intention et que les conditions seront réunies pour maintenir cette exploitation et surtout sauvegarder les centaines d'emplois des salariés de Michelin et des nombreux sous-traitants locaux.

Il importe que le dialogue social soit ouvert dès aujourd'hui et de façon loyale avec les représentants des salariés et des pouvoirs publics. La responsabilité du Gouvernement est naturellement engagée dans cette affaire.

Le Conseil Régional de Lorraine quant à lui sera très attentif à ce dossier et restera aux côtés des travailleurs.



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